COMMENT ABORDER LA CONSOMMATION D’ALCOOL AVEC UNE FEMME ENCEINTE ?



Les campagnes de santé publique sur la consommation d’alcool chez la femme enceinte se heurtent encore aux idées reçues véhiculées par la société : « Boire une petite coupe de champagne pour une occasion quand on est enceinte c’est sans danger ! » ; « En fin de grossesse je peux boire de l’alcool car mon bébé est déjà formé ! »


Ces messages ambivalents accompagnés de différents freins chez la femme enceinte (peur des mesures sociales, méconnaissance des risques, minimisation des consommations, etc.) comme chez certains professionnels de santé (peur de ne pas savoir quoi faire, d’être intrusif, de choquer, etc.) font des Troubles du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF) un problème de santé publique sous-estimé.


Il est recommandé de demander systématiquement aux femmes désirant une grossesse, enceintes ou venant d’accoucher, leurs habitudes de consommation concernant les boissons alcoolisées. Une formulation simple, sous forme de question ouverte et non orientée peut être utilisée par l’ensemble des professionnels :


« A quand remonte votre dernière consommation d’alcool ? ».


Tous les professionnels de santé sont légitimes pour repérer et conseiller !

Cette question unique permet déjà de s’engager dans le repérage et pourra être reposée tout au long du suivi, au fur et à mesure que la relation de confiance s’établit. C’est une façon simple et empathique de lancer la discussion.


La prévention des troubles liés à l’alcoolisation fœtale passe

par le repérage de la consommation d’alcool chez la femme enceinte.


Quelques principes simples pour aborder le sujet :

  • Intégrer la consommation d’alcool aux questions sur le mode de vie,

  • Poser des questions au passé,

  • Interroger la consommation avant la grossesse,

  • Citer les différentes boissons alcoolisées,

  • Éviter les questions fermées, surtout négatives, du type : « Vous ne consommez ni tabac ni alcool ?» « Comme vous êtes enceinte, vous ne consommez pas d’alcool ? »

Il est important de garder en tête que ce n’est pas la dépendance de la mère qui est dangereuse mais la consommation d’alcool. L’entretien de repérage doit avoir une approche centrée sur la patiente et ses préoccupations :

  • « Que pouvez-vous me dire au sujet de vos habitudes de consommation d’alcool avant de savoir que vous étiez enceinte ? »

  • « Avez-vous été en mesure de stopper ou réduire votre consommation depuis votre grossesse ? »

  • « Votre consommation d’alcool vous préoccupe-t-elle ? »


Il est indispensable de tracer la consommation dans le dossier médical afin de faciliter la coordination des intervenants dans le parcours de soin et d’en informer la patiente pour ne pas rompre la relation de confiance.


Tester la question unique, c’est déjà s’engager dans le repérage !



Pour aller plus loin :


COLLOQUE ADDICTIONS & PÉRINATALITÉ


WEBINAIRE : PRÉVENIR & DÉPISTER LES TSAF


REPLAY WEBINAIRE : L'ALCOOL & SES CONSÉQUENCES SUR LA GROSSESSE


Plus d'information sur

www.crag-na.com - www.rpna.fr - www.coreadd.com



Sources