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LE SEVRAGE ALCOOL EN AMBULATOIRE : QU’EST-CE QUE C’EST ?



La consommation d’alcool à risque, une réalité

D'après les données du Baromètre de Santé publique France, en 2017, 23,6 % de la population âgée de 18 à 75 ans dépassaient les repères de consommation à moindre risque (« l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours »). Ces consommations à risque étaient davantage retrouvées chez les hommes (33,5%) que chez les femmes (14,9%).

Qu’est-ce que le sevrage alcool en ambulatoire ?

Le sevrage se définit comme l’arrêt de la consommation d’alcool, qu’il soit accidentel, imposé par certaines circonstances ou qu’il s’inscrive dans une perspective thérapeutique chez le patient présentant un trouble de l’usage d’alcool.

Le sevrage alcool en ambulatoire est un accompagnement médical à l’arrêt d’alcool de la personne ayant un trouble de l’usage à son domicile.

Quels sont les risques d’un sevrage d'alcool ?

L’arrêt de l’alcool peut entraîner un syndrome de sevrage (tremblements, sueurs, agitation, ...) d’intensité limitée et sans complication chez 95 % des personnes alcoolo dépendantes.

5 % des personnes évolueront vers une forme compliquée : hallucinations alcooliques, crises convulsives, délirium tremens (confusion mentale éventuellement accompagnée d’hallucinations). La prise en charge médicale doit être rapide et adaptée, car le pronostic vital peut être engagé.

Comment prévenir les symptômes sévères du sevrage alcool ?

Contrairement aux idées reçues, l’arrêt ne requiert pas systématiquement de traitement pharmacologique. En effet, comme évoqué dans le paragraphe précédent, le syndrome de sevrage est loin d’être majoritaire, y compris chez les personnes dépendantes de l’alcool.


L’objectif du traitement pharmacologique est de prévenir ou réduire les symptômes sévères du sevrage et les complications induites par la suppression de l’alcool. Il doit être adapté à chaque patient. Les traitements pharmacologiques du sevrage sont les mêmes en hospitalisation et en ambulatoire :

  • Les benzodiazépines à demi-vie longue et leurs propriétés anti-convulsivantes sont le traitement médicamenteux de première intention. Le diazépam figure parmi les molécules recommandées en première intention du fait de la rapidité d’action, d’une demi-vie longue et de l’expérience de son efficacité.

  • Les vitamines. Il faut également être attentif à prévenir l’encéphalopathie de Gayet Wernicke, due à une carence en vitamine B1. Celle-ci, si elle n’est pas prise en charge, elle peut évoluer vers des troubles cognitifs irréversibles appelés syndrome de Korsakoff. Le traitement préventif par vitaminothérapie est donc indissociable du sevrage alcool du patient.

  • Les traitements associés. Ils sont à adapter à l’état clinique et biologique. En cas de syndrome de sevrage avéré, les apports hydriques doivent être suffisants (en moyenne deux litres par jour) pour compenser les pertes (vomissements, sueurs, diarrhée), sans hyperhydratation et avec correction des troubles électrolytiques éventuels : hyponatrémie de manière progressive, hypokaliémie par apport conjoint de potassium et de magnésium.

Dans quel cas un sevrage en ambulatoire n’est pas indiqué ?

Selon les recommandations de la SFA (Société Française d’Alcoologie) publiée en 2015, le sevrage résidentiel sera indiqué lors :

  • Antécédents de délirium tremens ou de crises comitiales,

  • Antécédents de syndrome majeur de sevrage,

  • Traitement par Benzodiazépines à fortes doses en cours,

  • Comorbidités psychiatriques,

  • Troubles cognitifs,

  • Précarité ou isolement,

  • Grossesse.

Le sevrage ambulatoire est à privilégier en dehors de ces indications.



Comment se déroule un sevrage ambulatoire alcool ?

Il existe des protocoles de mise en place comme par exemple les recommandations de la SFA de 2015.


La durée du sevrage dure 7 jours et un arrêt de travail est réalisé par le médecin traitant. Dans tous les cas, le patient a :

  • une consultation avec un médecin pour évaluer la faisabilité d’un sevrage à domicile

  • un suivi à domicile par une infirmière, plusieurs fois par jour, pour surveiller l’évolution des signes du sevrage grâce au score de Cushman. En fonction de ce score, l’infirmière en informe le médecin pour adapter son traitement ou orienter vers une hospitalisation


En pratique, on peut trouver des sevrages réalisés par :

  • un médecin généraliste et un suivi par une infirmière libérale au domicile du patient

  • un médecin d’un centre hospitalier et une intervention d’une IDE libérale ou d’une IDE du centre hospitalier


Vous trouverez un exemple de sevrage ambulatoire à domicile réalisé par l’hôpital du Bouscat (33) dans le webinaire « Les rendez-vous de la COREADD » :



En conclusion, le sevrage en ambulatoire est à favoriser et représente la majorité des cas. Il permet au patient le maintien de ses occupations personnelles et professionnelles. Une intervention médicale rapprochée et l’implication de l’entourage sont nécessaires à son bon déroulement.


Les sources :


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