À REGARDER | LES CONDUITES ADDICTIVES CHEZ LES AINÉS
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D'après le webinaire ARCA'fé du 3 février 2026 du Dr Antoine Canat, addictologue en CSAPA et médecin ressource de Généralistes et Addictions Hauts-de-France (GAHdF).
Le vieillissement de la population s'accompagne d'enjeux spécifiques en matière de santé, parmi lesquels les conduites addictives restent encore largement méconnues et sous-repérées. Chez les personnes âgées de 60 à 100 ans, les consommations de substances ou les pratiques addictives peuvent s'inscrire dans des parcours de vie complexes et être renforcées par des situations de vulnérabilité psychologique, sociale, nutritionnelle ou physiologique. Souvent banalisées ou invisibilisées, elles peuvent pourtant avoir des impacts importants sur la santé, l'autonomie et la qualité de vie. Cet article propose des repères pour mieux comprendre ces conduites, favoriser leur repérage précoce et renforcer la coordination entre professionnels, dans une logique de prévention, de réduction des risques et d'accompagnement adapté.
1. ARCA SUD et GAHdF : deux structures, une même ambition
L'Association Régionale de Coordination en Addictologie de la région Sud (ARCA-Sud) est un Dispositif Expert Régional financé par l'ARS PACA. Sa mission est d'apporter aux professionnels de santé, du champ sanitaire, médico-social et social, un appui concret dans leur pratique et de coordonner les parcours de soins des personnes en situation d'addiction sur l'ensemble de la région Sud.
Dans ce cadre, ARCA-Sud organise chaque mois les ARCA'fés : des webinaires d'une heure ouverts et gratuits (soutenus par l’ARS), destinés aux professionnels de premier recours.
Ces temps d'échange abordent les grandes questions contemporaines de l'addictologie, de la soumission chimique aux traitements de substitution, en passant par les pathologies duelles ou comme le 3 février 2026, les usages problématiques des personnes âgées.
Pour ce webinaire, ARCA-Sud a invité le Dr Antoine Canat, médecin ressources au sein de Généralistes et Addictions Hauts-de-France (GAHdF). Fondée en 1992, cette association financée par l'ARS Hauts-de-France accompagne les professionnels de soins primaires dans leur pratique addictologique, à travers des ressources scientifiques actualisées, des formations et un outil original de concertation pluriprofessionnelle : l'Intervision. GAHdF a notamment développé l'Addicto'repère, un outil visuel de repérage inspiré du Violentomètre et fondé sur les critères du DSM-5, utilisable en consultation ou en salle d'attente.
Le replay du webinaire animé par le Dr Antoine Canat, « Les conduites addictives chez les ainés » (ARCA’fé du 3 février 2026) est accessible sur le site d’ARCA-SUD, et les outils de repérage de GAHdF,sont disponibles gratuitement sur : www.gahdf.fr
2. Une réalité méconnue : les chiffres qui interpellent
Le vieillissement de la population est un fait démographique incontestable. En France, les personnes de 65 ans et plus représentent aujourd'hui près d'un quart de la population, une proportion qui ira croissant dans les décennies à venir. Cette réalité implique mécaniquement une augmentation du nombre de seniors concernés par des conduites addictives, un enjeu que le système de soins n'a pas encore pleinement intégré.
Les données disponibles nous renseignent sur ces réalités de terrain : selon l'enquête PAQUID, la prévalence des consommateurs d'alcool à usage problématique atteint 20 % dans les établissements gériatriques. Des données de Santé Publique France du Baromètre de SPF 2021 publiées dans le BEH de 2024 indiquent que dans la tranche des 65-75 ans, 26 % consomment quotidiennement des boissons alcoolisées. La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle que les substances psychoactives les plus représentées chez les seniors sont l'alcool, les médicaments psychotropes avec lesbenzodiazépines en tête et le tabac, auxquels s'ajoutent des conduites sans produit, notamment les jeux d'argent et de hasard.
Deux trajectoires cliniques bien distinctes
La clinique distingue deux profils principaux :
Le premier concerne des personnes dont la consommation problématique précède le vieillissement et se poursuit avec l'âge, souvent aggravée par les comorbidités.
Le second, plus insidieux, voit émerger une dépendance tardive, déclenchée par des ruptures existentielles : départ à la retraite, deuil du conjoint, isolement progressif, perte d'autonomie ou entrée en institution.
Pourquoi ces addictions passent-elles inaperçues ?
Plusieurs mécanismes expliquent la sous-détection systématique. Les conséquences sociales visibles habituellement associées à l'addiction : accidents de travail, conflits professionnels, repérage en médecine du travail, repérage par des collègues, faute professionnelle, retrait de permis… : ces signaux d’alerte disparaissent en grande partie avec la retraite. Les symptômes d'un mésusage (confusion, chutes répétées, troubles de la mémoire, ralentissement psychomoteur) sont facilement attribués à d'autres pathologies liées à l'âge. Et une tolérance sociale implicite persiste : « à son âge, un verre, ça ne fait pas de mal ».
Des vulnérabilités spécifiques qui fragilisent les aînés
Comprendre les conduites addictives chez les personnes âgées suppose d'abord d'identifier les facteurs de vulnérabilité qui leur sont propres. Le Dr Canat en distingue quatre grandes dimensions, souvent intriquées, qui peuvent à la fois déclencher, entretenir ou aggraver une conduite addictive.
Vulnérabilités psychologiques
La vieillesse expose à des ruptures existentielles majeures : deuil du conjoint ou d'amis proches, perte de rôle social au moment de la retraite, confrontation à la maladie chronique ou au déclin fonctionnel. Ces épreuves peuvent générer des états dépressifs, anxieux ou de solitude profonde, pour lesquels l'alcool, les médicaments ou les jeux d'argent deviennent des tentatives de régulation émotionnelle. À cela s'ajoute parfois la présence de troubles cognitifs débutants, qui altèrent le jugement sur les quantités consommées et réduisent la capacité à demander de l'aide.
Vulnérabilités sociales
L'isolement social est l'un des facteurs de risque les plus documentés. Vivre seul, avoir un réseau amical réduit, ne plus conduire, être éloigné de sa famille : autant de situations qui favorisent l'installation silencieuse d'une dépendance. Les conduites addictives se développent alors dans l'intimité du domicile, loin du regard des professionnels de santé, sans les signaux d'alarme sociaux qui permettraient habituellement un repérage précoce (conflits professionnels, accidents, problèmes judiciaires...).
Vulnérabilités nutritionnelles
Le vieillissement s'accompagne fréquemment de modifications des habitudes alimentaires : réduction de l'appétit, dénutrition parfois méconnue, alimentation moins diversifiée. Ces déséquilibres nutritionnels interagissent avec les consommations de substances : l'alcool, notamment, est fréquemment consommé à la place d'un repas complet, aggravant la dénutrition et fragilisant encore davantage l'organisme. À l'inverse, une dénutrition préexistante amplifie les effets de l'alcool et accroît le risque d'interactions médicamenteuses.
Vulnérabilités physiologiques
L'organisme vieillissant métabolise les substances psychoactives très différemment. La masse hydrique corporelle diminue, le foie ralentit sa fonction de métabolisation, les reins filtrent moins efficacement. Pour une même quantité d'alcool ingérée, l'alcoolémie sera plus élevée et persistera plus longtemps chez une personne âgée. Les effets des benzodiazépines sont amplifiés et prolongés. Enfin, la polymédication, fréquente après 65 ans, multiplie les risques d'interactions dangereuses avec les substances psychoactives.
Le regard du Dr Antoine Canat (GAHdF) Le Dr Canat souligne que le repérage des addictions chez les aînés reste encore trop rare en médecine générale, non par manque de volonté, mais par manque de formation et d'outils adaptés. À l'image de l'Addicto'repère , outil visuel développé par GAHdF, inspiré du Violentomètre et fondé sur les critères diagnostiques du DSM-5, des supports simples, utilisables en salle d'attente ou en consultation, peuvent changer la donne en amorçant un dialogue sans stigmatiser. |
3. Ce que recommande la Haute Autorité de Santé
En janvier 2023, la HAS a publié le guide « Prévention des addictions et réduction des risques et des dommages dans les ESSMS », incluant un volet spécifiquement consacré aux personnes âgées accueillies en EHPAD ou accompagnées à domicile. Il s'inscrit dans le Plan national de mobilisation contre les addictions de la MILDECA, qui identifie les établissements médico-sociaux comme acteurs-clés de la prévention.
La HAS structure sa démarche autour de six axes :
Engagement institutionnel : la direction doit porter une politique pérenne de prévention, inscrite dans le projet d'établissement, avec des ressources humaines et matérielles dédiées.
Prévention primaire : des actions ciblées sur les vulnérabilités spécifiques des seniors (isolement, polypathologie, événements de vie traumatisants) doivent être proposées en amont de toute dépendance.
Repérage et co-évaluation : s'appuyant sur des outils validés et adaptés aux particularités des personnes âgées (notamment l'AUDIT-G, version gériatrique du questionnaire standard) le repérage doit être à la fois opportuniste (à chaque contact) et systématique (à l'admission).
Accompagnement centré sur la personne : la HAS insiste sur le respect de l'autonomie et de la liberté de choix. L'accompagnement est co-construit dans le projet personnalisé : la sécurisation des pratiques prime sur toute injonction à l'abstinence.
Implication de l'entourage : famille et proches aidants doivent être formés pour ne pas renforcer le déni et savoir orienter vers les ressources adaptées.
Travail en réseau : les structures non spécialisées s'articulent avec les CSAPA, les équipes de liaison hospitalières (ELSA) et les dispositifs de réduction des risques du territoire.
Point clé : réduction des risques plutôt qu'abstinence forcée La HAS préconise une posture de réduction des risques et des dommages, particulièrement adaptée aux personnes âgées pour qui une abstinence imposée peut être contre-productive, voire médicalement dangereuse (syndrome de sevrage sévère, déstabilisation psychologique). L'objectif premier est de sécuriser, puis d'accompagner selon les souhaits de la personne. Source : HAS, « Prévention des addictions et RdRD dans les ESSMS », janvier 2023. |
4. Spécificités cliniques par substance
Alcool : la dépendance la plus fréquente, la plus banalisée
L'alcool constitue la principale substance addictive chez les personnes âgées. Les recommandations nationales co-produites par la Société française de gériatrie et gérontologie, la Société française d'alcoologie et Santé Publique France fixent des seuils spécifiques pour les plus de 65 ans : pas plus de 7 verres standardisés par semaine, au maximum 1 verre par jour pour les consommateurs quotidiens et 2 verres par occasion pour les consommateurs ponctuels.
Les conséquences somatiques sont bien documentées : augmentation du risque de fractures, notamment du col du fémur, ostéoporose, déclin cognitif accéléré contribuant aux démences vasculaires, interactions médicamenteuses potentiellement graves avec anticoagulants, hypnotiques et antidiabétiques. Sur le plan psychiatrique, alcool et dépression s'alimentent mutuellement, avec un risque suicidaire significativement accru chez les hommes âgés.
Tout sevrage d'une dépendance avérée au-delà de 70-75 ans doit se dérouler sous surveillance médicale étroite, en ambulatoire dans un CSAPA ou en milieu hospitalier. Après stabilisation, un Service de Soins de Suite et de Réadaptation en addictologie (SSR-A) peut accueillir les personnes non autonomes pour les accompagner vers une vie sans alcool.
Les médicaments psychoactifs : antalgiques opioïdes et benzodiazépines
La France figure parmi les plus grands consommateurs mondiaux de benzodiazépines.
La dépendance aux anxiolytiques et hypnotiques est particulièrement présente chez les seniors, souvent liée à des prescriptions renouvelées sans réévaluation de l'indication initiale. L'étude PAQUID révèle que la fréquence des conduites addictives médicamenteuses atteint 18 % chez les sujets âgés ayant un trouble de l’usage à l’alcool.
Les antalgiques opioïdes constituent une problématique croissante : prescrits pour des douleurs chroniques fréquentes à cet âge (arthroses, cancers, douleurs neuropathiques), ils peuvent générer une dépendance physique et psychique progressive, d'autant plus difficile à détecter que la consommation s'inscrit dans un cadre médical légitimé. La dangerosité des associations (alcool et benzodiazépines, opioïdes et benzodiazépines) est bien documentée : sédation excessive, chutes, confusion aiguë, risque létal.
Les jeux d'argent et de hasard
Les pratiques de jeux d'argent et de hasard constituent une addiction sans produit souvent négligée dans l'évaluation des conduites addictives des aînés. Leur prévalence tend à augmenter avec le développement des jeux en ligne, accessibles depuis le domicile et particulièrement susceptibles de s'installer dans un contexte d'isolement social. Les pertes financières peuvent rapidement fragiliser des personnes aux revenus fixes (retraites), avec des conséquences directes sur la qualité de vie, la nutrition et l'accès aux soins.
Tabac : jamais trop tard pour arrêter
Selon les toutes dernières données de Santé Publique France, publiées le 16 février 2026, malgré des chiffres en baisse, il subsiste 68000 décès par an imputables au tabac (contre 75000 décès en 2015). L'idée reçue selon laquelle « à son âge, ça ne sert à rien d'arrêter » est pourtant réfutée par la littérature scientifique : l'efficacité du sevrage tabagique est au moins équivalente chez les sujets âgés. La diminution du risque cardiovasculaire est rapide, et comme le rappelle le programme Sevr'Âge, le sevrage entre 70 et 79 ans réduit de 27 % le risque de décès cardiovasculaire. De façon plus générale, la qualité de vie des personnes âgées qui arrêtent de fumer est améliorée (meilleures capacités cardiaques et respiratoires, pouvoir d’achat augmenté, sentiment d’auto-efficacité personnel renforcé…).
5. Repérer et accompagner : outils et posture
Le repérage précoce est l'un des enjeux majeurs mis en avant par le Dr Canat. Il suppose à la fois des outils adaptés et une posture clinique bienveillante, exempte de jugement moral.
Des outils validés et adaptés aux aînés
Plusieurs instruments de repérage ont été spécifiquement adaptés ou validés pour les personnes âgées :
AUDIT-G ou SMAST-G : version gériatrique du questionnaire AUDIT (Alcohol Use Disorders Identification Test), adapté aux particularités sensorielles et cognitives des seniors. Il peut être utilisé de façon opportuniste à chaque consultation ou de manière systématique lors des bilans de santé et des admissions en structure.
ECAB (Benzodiazépines en 10 items)
Test de Fagerström : évalue la dépendance à la nicotine et permet d'orienter le choix du traitement de substitution nicotinique, en tenant compte des comorbidités cardiovasculaires fréquentes à cet âge.
Addicto'repère (GAHdF) : outil visuel de repérage tous-addictions, inspiré du Violentomètre et fondé sur les critères diagnostiques du DSM-5. Simple d'utilisation, il peut être proposé en salle d'attente ou utilisé comme support d'un dialogue en consultation, sans stigmatiser la personne.
Une posture d'accompagnement, bienveillante et sans jugement
La HAS, dans son guide de janvier 2023 « Prévention des addictions et réduction des risques et des dommages dans les ESSMS », insiste sur un principe fondamental : l'accompagnement doit être co-construit avec la personne, dans le respect de son autonomie et de ses choix de vie. La sécurisation des pratiques prime sur toute injonction à l'abstinence.
Cette posture de réduction des risques et des dommages est particulièrement adaptée aux personnes âgées, pour qui une abstinence forcée peut être contre-productive, voire médicalement dangereuse. L'entretien motivationnel, dont l'efficacité est démontrée en soins primaires, reste la meilleure approche pour accompagner l'ambivalence au changement, en partant des motivations propres de la personne plutôt que de prescriptions extérieures.
Favoriser la coordination entre professionnels
Il est compliqué d’agir seul face aux conduites addictives des aînés. La coordination est indispensable entre tous les acteurs de terrain qui voient régulièrement la personne, et les structures spécialisées auxquelles s'adresser lorsque la situation le nécessite.
Les CSAPA (Centres de Soins, d'Accompagnement et de Prévention en Addictologie) et les équipes ELSA (Équipes de Liaison et de Soins en Addictologie) en milieu hospitalier sont les interlocuteurs privilégiés pour les situations complexes. Les réseaux comme ARCA-Sud, GAHdF et la COREADD entres autres apportent quant à eux ressources, formations et espaces de concertation aux professionnels de premier recours.
6.Le programme Sevr'Âge : une réponse concrète pour les professionnels et des outils pour la pratique
Parmi les initiatives les plus prometteuses en France figure le programme Sevr'Âge, piloté par Gérond'if (le gérontopôle d'Île-de-France) en partenariat avec le département d'épidémiologie de l'hôpital Raymond Poincaré et la Société Francophone de Tabacologie. Financé par l'ARS Île-de-France, il cible spécifiquement l'accompagnement au sevrage tabagique des personnes âgées par les professionnels de soins primaires.
Le programme se déploie selon quatre axes complémentaires : groupes de travail pluriprofessionnels, co-construction de fiches pratiques adaptées à chaque métier, module de formation en e-learning sur le tabagisme des sujets âgés, et mise en place de groupes de pairs aidants. Chaque volet fait l'objet d'une évaluation scientifique rigoureuse alliant méthodes quantitatives et qualitatives.
À l’origine du programme Sevr'Âge, un constat simple : malgré des bénéfices démontrés, les personnes âgées sont insuffisamment accompagnées vers l'arrêt du tabac. Les professionnels de premier recours se heurtent à des obstacles identifiés :
Un sentiment de manque de formation spécifique sur le sujet,
Un manque d’outils de repérage et d’accompagnement,
Des idées reçues sur l'inutilité du sevrage chez les seniors « trop tard », « il ne leur reste que ce plaisir… »
Des difficultés d'orientation pour compléter ou adresser les patients
Pour rejoindre le réseau Sevr'Âge Les professionnels souhaitant s'impliquer dans ce programme peuvent contacter l'équipe Gérond'if : sevrage@gerondif.org Les outils de repérage addictions développés par GAHdF (dont l'Addicto'repère) sont accessibles gratuitement sur : www.gahdf.fr |
7. Ce que les professionnels de premier recours peuvent faire dès aujourd'hui
Le message porté par le Dr Canat lors de l'ARCA'fé du 3 février 2026 est clair : le médecin généraliste, l'infirmier, le pharmacien, le masseur-kinésithérapeute, le chirurgien-dentiste sont en première ligne, présents sur les parcours de vie et de soins des aînés. Ils voient régulièrement les personnes âgées, ont une relation de confiance avec elles et sont parfaitement bien placés pour amorcer un dialogue sur les consommations.
Quelques leviers accessibles immédiatement :
Poser la question systématiquement : intégrer le repérage des conduites addictives dans les bilans de santé ou les consultations de suivi des pathologies chroniques, sans attendre un signal d'alarme, ou une demande d’aide émanant de la personne elle-même.
Utiliser des outils validés et adaptés : l'AUDIT-G pour l'alcool, le test de Fagerström pour le tabac, l'Addicto'repère de GAHdF pour une approche globale incluant les comportements sans produit.
Adopter une posture non jugeante et bienveillante : l'entretien motivationnel, dont l'efficacité est démontrée en soins primaires par de nombreuses revues Cochrane, reste la meilleure approche pour accompagner l'ambivalence au changement chez les seniors notamment.
S'appuyer sur les ressources spécialisées : les CSAPA, les équipes ELSA en milieu hospitalier sont là pour appuyer les situations complexes. Les sites alcool-info-service.fr, drogue-info-service.fr et tabac-info-service.fr constituent également des ressources fiables vers lesquelles il est possible de se tourner.
Se former sur le sujet : les ARCA'fés mensuels d'ARCA-Sud, les rendez-vous de la COREADD, les visios L.A.S.T, les intervisions de GAHdF et les modules en ligne de Sevr'Âge sont des ressources accessibles, gratuites (avec le soutien de l’ARS) et directement applicables en pratique.
En conclusion
Les conduites addictives chez les personnes âgées ne devraient plus être une fatalité ni un tabou : elles sont un enjeu de santé publique, et c’est pour cela qu’il est nécessaire de les rendre visibles. Les recommandations de la HAS, les outils développés par des associations comme GAHdF et les programmes innovants comme Sevr'Âge dessinent une réponse cohérente, ancrée dans la réalité du terrain.
Le webinaire du Dr Antoine Canat le 3 février 2026 sur ARCA'fé en est une illustration : diffuser les connaissances, les recommandations de bonne pratique et former les professionnels de premier recours participeront à déstigmatiser les addictions des aînés, à leur repérage, pour un accompagnement adapté et bienveillant.
Ressources pour aller plus loin
Webinaire ARCA'fé « Les conduites addictives chez les aînés » (03/02/2026) – replay disponible sur www.arca-sud.fr
HAS – « Prévention des addictions et RdRD dans les ESSMS » (janvier 2023) – www.has-sante.fr
Généralistes et Addictions Hauts-de-France – outils de repérage, Addicto'repère, Intervisions – www.gahdf.fr
Programme Sevr’Âge (Gérond'if / ARS Île-de-France) – contact : sevrage@gerondif.org
Santé publique France – données épidémiologiques alcool, tabac, personnes âgées – www.santepubliquefrance.fr
Revue Société Française d’Alcoologie La pratique des jeux de hasard et d'argent chez les personnes vieillissantes : quid de l'illusion de contrôle? Vers des perspectives de recherche en France
Cohorte PAQUID PAQUID : cohorte pionnière dans la mesure de la prévalence, l'incidence et les facteurs de risque sur Alzheimer - Archive ouverte HAL
Les rendez-vous de la COREADD Les rendez-vous de la COREADD Addictions et personnes âgées
Le site LAST L.A.S.T – Accompagnement au sevrage tabagique
La bibliographie d’ARCA SUD pour le webinaire :
https://www.arca-bibliographie webinaire addictions et personnes âgées
Les rendez-vous de la COREADD | Les rendez-vous de la COREADD Addictions et personnes âgées


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