QU’EST-CE QUE LE G-HOLE DANS LE CONTEXTE DE CHEMSEX ?
- 6 mars
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Dernière mise à jour : 10 mars

Qu’est-ce que le chemsex ?
Le terme « chemsex » est la contraction des mots anglais « chemical » et « sex ». Il désigne l’utilisation de substances psychoactives dans un contexte sexuel, dans le but d’intensifier, prolonger ou faciliter les rapports sexuels. Cette pratique concerne principalement, mais pas exclusivement, des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).
Les sessions de chemsex peuvent s’étendre sur plusieurs heures et parfois se prolonger sur plusieurs jours. Les personnes qui y ont recours recherchent généralement une désinhibition, une augmentation du plaisir et de la libido, une endurance sexuelle accrue, ainsi qu’une sensation de connexion émotionnelle ou de proximité renforcée avec leurs partenaires. Pour certains, ces pratiques répondent également à un besoin d’évasion ou à une tentative d’atténuation de l’anxiété, de la solitude ou d’un mal-être.
Cependant, le contexte spécifique du chemsex expose à des risques importants. On observe notamment des risques de surdose, de développement de dépendance, de troubles psychiques (anxiété majeure, épisodes délirants, dépression), d’infections sexuellement transmissibles, ainsi qu’une possible altération du consentement lorsque les capacités de jugement et de communication sont diminuées par les substances.
Quelles sont les substances principalement utilisées ?
Plusieurs substances psychoactives sont fréquemment consommées dans le cadre du chemsex.
Les cathinones de synthèse, telles que la 3-MMC ou la 4-MMC (méphédrone), sont des stimulants puissants classés comme stupéfiants. Elles provoquent une euphorie marquée, une excitation importante et une sensation d’énergie qui peut favoriser une activité sexuelle prolongée. Toutefois, leur usage est associé à un risque élevé de dépendance, d’épuisement, et de complications psychiatriques telles que paranoïa ou épisodes psychotiques.
La méthamphétamine, également appelée « crystal meth ». C’est une substance stupéfiante et un stimulant extrêmement puissant. Elle induit une excitation intense et durable, une augmentation de la libido et une sensation de toute-puissance. Son potentiel addictif est particulièrement élevé, et elle peut entraîner des complications psychiatriques sévères, notamment des troubles délirants et des troubles de l’humeur.
Le GHB (gamma-hydroxybutyrate) et le GBL (gamma-butyrolactone) occupent une place particulière dans le chemsex. Le GHB est classé comme stupéfiant. Le GBL, quant à lui, est un précurseur du GHB : une fois ingéré, il est rapidement transformé en GHB par l’organisme. Sa réglementation est plus complexe en raison de ses usages industriels. Ces substances sont des dépresseurs du système nerveux central. Elles procurent une sensation de détente, une désinhibition marquée, une relaxation musculaire et une intensification des sensations corporelles.
D’autres produits peuvent également être consommés dans ce contexte, notamment la cocaïne, la kétamine, la MDMA, les poppers, l’alcool, ainsi que des médicaments facilitant l’érection comme le sildénafil ou le tadalafil. Les associations de substances sont fréquentes et majorent significativement les risques.
Qu’est-ce que le G-Hole ?
Le « G-Hole » est un terme utilisé pour désigner un surdosage en GHB ou en GBL. Il correspond à un état de perte de conscience profonde, pouvant s’apparenter à un coma. L’expression provient de la lettre « G », en référence au GHB ou au GBL, et du mot anglais « hole », qui signifie « trou », pour illustrer l’effondrement brutal de la vigilance.
Lors d’un G-Hole, la personne présente généralement une perte de conscience soudaine. Elle peut être difficile voire impossible à réveiller. La respiration devient lente, irrégulière ou superficielle. Des vomissements peuvent survenir et le tonus musculaire est diminué, donnant l’impression d’un corps « mou ». Cet état peut évoluer rapidement vers une situation d’urgence vitale.
Le GHB et le GBL présentent une marge entre la dose recherchée et la dose toxique particulièrement étroite. Autrement dit, la différence entre la dose produisant les effets attendus et la dose provoquant un surdosage est faible. Les effets du GHB apparaissent rapidement, généralement entre 10 et 20 minutes après l’ingestion. Par ailleurs, la sensation de disparition rapide des effets peut inciter à reprendre une dose trop tôt. Ces prises rapprochées augmentent considérablement le risque de surdosage.
Le danger est encore majoré lorsque le GHB ou le GBL sont associés à l’alcool, aux benzodiazépines ou à d’autres dépresseurs du système nerveux central. Dans ces situations, le risque principal est la dépression respiratoire. La respiration peut devenir insuffisante, voire s’arrêter. En l’absence d’intervention, cela peut conduire à un arrêt respiratoire ou cardiaque.
Au-delà du risque vital immédiat, le G-Hole pose également une question importante en matière de consentement. Durant cet état, la personne est incapable d’exprimer son consentement, de refuser une interaction ou de se protéger. Elle se trouve dans une situation de vulnérabilité extrême.
Comment prévenir un G-Hole ?
La prévention repose sur des stratégies de réduction des risques. Il est recommandé d’espacer les prises et d’attendre au minimum deux heures entre deux consommations de GHB ou de GBL. Il est fortement déconseillé d’associer ces substances avec de l’alcool ou d’autres dépresseurs du système nerveux central, en raison du risque accru de dépression respiratoire.
L’utilisation d’un doseur précis est essentielle, afin d’éviter les estimations approximatives susceptibles d’entraîner un surdosage. Il est également recommandé de ne pas consommer seul. La présence d’une personne capable de reconnaître les signes d’alerte et d’intervenir rapidement peut être déterminante.
En cas de perte de conscience, la personne doit être placée en position latérale de sécurité afin de limiter le risque d’inhalation de vomissements. La respiration doit être surveillée attentivement. En cas de respiration lente, irrégulière ou absente, il est impératif d’appeler immédiatement les secours.
Formation gratuite : Journée régionale CHEMSEX
Si vous souhaitez obtenir plus d’informations sur le chemsex, la Fédération Addiction organise une journée régionale dédiée à cette thématique le 21 avril 2026, de 9h00 à 17h30, à la Scène Maria Casarès, 34 boulevard Chasseigne, 86000 Poitiers.
Pour aller plus loin :
DIU CHEMSEX et autres usages de drogues sexualisées (USD), Université de Montpellier DIU CHEMSEX et autres usages de drogues sexualisées (USD) - DU DIU Faculté de Médecine de Montpellier-Nîmes
LES ACTUS DES DSP | LE CHEMSEX : UNE MOBILISATION DES PROFESSIONNELS DE SANTÉ https://www.coreadd.com/post/les-actus-des-dsp-le-chemsex
CHEMSEX | Les Rendez-vous de la Coreadd https://www.youtube.com/watch?v=_Pbur22IEpI
QU’EST-CE QUE LA 3-MMC ? https://www.coreadd.com/post/qu-est-ce-que-la-3-mmc
À RETENIR | QU'EST-CE QUE LE "SLAM" https://www.coreadd.com/post/%C3%A0-retenir-qu-est-ce-que-le-slam
À RETENIR | LES POPPERS https://www.coreadd.com/post/%C3%A0-retenir-les-poppers
Bibliograhie
· Chemsex.fr. (2024). G-Hole – Qu’est-ce que le G-Hole ? Chemsex.fr. https://chemsex.fr/g-hole/
. RESPADD (2018). Chemsex : livret d'information pour les professionnels. https://www.respadd.org/wp-content/uploads/2018/04/ChemSex-BAT5.pdf



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